Cambridge

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lundi 12 juin 2006

Marchons

Il est donc environ 14h (oui une petite pause parce que je suis crevé à cause du sac et de la chaleur et j'en ai profiter pour passer du pantalon/basket au short/sandale). A 19h, je dois aller à ce qui devrait être mon logement définitif afin de voir un peu justement (et de montrer que j'existe surtout). Comme je n'ai pas la moindre idée des distances, je ressors de suite afin d'étudier la situation.

Je commence par acheter un plan de Cambridge, qui s'avère être un plan du Cambridgeshire et qui dont couvre bien plus que ce qui m'intèresse et a le mauvais goût de pas rentrer dans ma petite sacoche que je m'étais acheté. Bon ben à partir de là, c'est tout droit, et au bout de 45 minutes de marche (sous la cagnard toujours) j'arrive devant ARM.

De là je vais voir où est le logement (si j'ai pas la flemme, je montre ça sur google map). Ok, je trouve même relativement facilement, bien que la taille de la rue (inexistante) et sa numérotation (sur la mauvaise rue) ne jouaient pas en ma faveur. Mais là il est à peu près 15h et j'ai rendez-vous qu'à 19h. Donc zou rentrage hotel, pour roupiller 1h/1h30. Et bam, re des kilomètres sous le soleil battant (y'a pas que la pluie qui a le droit d'être une battante, na).

Au logement (sur Antelope Way, je le ressortirai pour lui donner un nom), je visite la chambre, c'est assez clean. Il s'avère que tout le monde dans la collocation bosse chez ARM en fait, sauf celle qui devrait libérer la chambre que j'aurais. Devrait. Parce que là j'apprend que en fait sa date de départ est pas encore sûre; pas gagné tout ça.

Sur le chemin du retour (vers l'hotel), je prends un sempiternel kebab que je mange dans la chambre. Là, après une lutte sans merci avec la prise electrique j'arrive à faire rentrer mon adaptateur; à mort les prises de sécurité. Et il se trouve que depuis l'hotel, je capte un réseau wifi (bon, faut que je mette la fenêtre selon le bon angle); bref, un hotel qu'il est bien.

JH, bien sous tout rapport, cherche toit pour dormir.

Donc, le train arrive à Cambridge vers 12h, tout le monde descend. Objectif n°1... euh en fait j'y vais complètement au pif, pas la moindre idée de la prochaine étape. Ah tiens, un truc qui vend des sandwhichs - va pour sandwhich, comme ça au moins j'aurais mangé (riche idée d'ailleurs). Je commence ensuite à faire la queue devant un vague guichet intitulé "Information" pour quémander une carte de Cambridge. Alors que j'attendais que la personne devant ai fini, la controlleuse du train (à qui j'avais demandé à King Cross si c'était bien le bon train - est-ce que le train avec marqué Cambridge de partout, sous un afficheur Cambridge allait bien à Cambridge) qui passait là me demande ce que je vais - "a map" balbutiais-je - et pioche directement dans la boutique "information" une carte et me la tends; très sympa de sa part. Bon, le gag c'est que c'était une sorte de prospectus/carte qui bien sûr ne montrais que le centre de Cambridge, même la gare étant presque à l'extérieur. Moi mon objectif c'était Cherry Hinton, un quartier à l'est de Cambridge, dommage.

Je m'aventure alors à l'extérieur de la gare et là, le choc (ok, le soleil tapait dur): les vélos à Cambridge, c'est pas qu'une légende. L'espace devant la gare est en fait une nuée de vélos garés là, avec une densité assez impressionante. La photo, ce sera pour une prochaine fois, là j'étais en train de me dépatouiller avec mes sacs, mon sandwhich et le soleil qui tapait.

De là, il me fallait me rendre à Cherry Hinton, tout au moins sur Cherry Hinton Road, qui grosso modo (j'avais vu ça sur google map :) fait une ligne droite du niveau de la gare jusqu'à ARM, et en passant par les quelques hotels que j'avais reperé. On m'avait aussi vaguement dit que les lignes C1 et C3 allaient dans cette direction, donc ni une ni deux (mais au moins 3) je prends la direction du bus qui venait de passer, et fini par trouver Cherry Hinton.

Une note ici s'impose, note ô combien empreinte d'anti-anglicisme primaire mais bon quand même quoi. Les Anglais, ils savent pas flecher ni mettre des panneaux (oui, je déduis ça des 4 routes et demi que j'ai parcouru à Cambridge). Les directions aux carrefours sont réellement inexistantes (j'ai juste trouvé un vague panneau indiquant vers la gare la direction de Cherry Hinton) et la plaques de rues, c'est assez aléatoire. Bon, soyons honnêtes, dans les quartiers résidentiels de Cherry Hinton, c'est un peu mieux pour les plaques de rue (et les numéros). Ceux qui connaissent Astérix chez les bretons peuvent situer un peu la problèmatique si y'avait pas les numéros de rue :)

Donc résumons : l'objectif est maintenant de trouver où dormir la nuit venant - au moins, le tout en me baladant avec mes sacs (dont mon gros sac à dos qui doit bien faire les 20kg), sous un soleil de plomb et sans le moindre coin d'ombre sur les trottoirs.

On m'avait indiqué un hotel, à mi-chemin entre la gare et ARM, à un prix correct (comprendre un guest house à 60£ la nuit). Je fini par y arriver en sueur et je frappe à la porte ('fin, à la sonnette). Là un flegmatique anglais ouvre et me demande ce que je veux ("faire un tennis. non ? bon ben une chambre alors). Evidemment, plus de place, mais il m'indique un autre hotel juste à coté (très sympathique le bonhomme accessoirement). Pas de place non plus là bas évidemment (mais là l'anglais ni flegmatique ni sympathique). Forcément, là je commence à prendre un vieux coup de stress, sachant qu'en plus à ce moment là mon téléphone portable sembler de pas aimer le climat britannique, donc même pas moyen d'appeler quelqu'un. Reste plus que le super moit-moit... euh non, je confonds. Bref, je remonte la route dans l'autre sens, hésite devant un ou deux autre hotels, mais qui semblaient assez cher. Je dis 'semble' parce que ici, contrairement à la france, l'affichage des prix à l'extérieur n'est pas obligatoire, donc il faut rentrer en communication avec l'autochtone pour connaitre le montant (et pour avoir regardé sur internet ça peut être assez variable).

Chance, l'essai suivant s'avère le bon. Un peu plus loin sur la route, "Fairways guest house", une chambre dispo pour deux jour. Pour être exact, "a single ensuite room", ce qui signifie lit simple mais toilette & douche dans la chambre (cool). Et en plus pour un prix dérisoire (34£ de mémoire la nuit).

Youpi, j'ai un toit :) (il doit être à ce moment là 13h/13h30).

Partir un jour ...

Hop, jour du grand départ. Réveil 5h45, *baillement*, finissage du sac, *baillement*, et départ de l'appart *baillement*. RER B, zou gare du nord pour prendre l'eurostar. Globalement l'eurostar, ça marche comme l'avion. Déjà tu poireautes. Ensuite tu passes à la sécu. Puis à une première douane (le lecteur attentif aura reconnu la douane française). Une deuxième douane (l'anglaise ce coup ci - faut suivre) pour la forme. Re-poireautage en zone duty-free (et hop un pain au chocolat pour complèter le petit-déj). Et enfin embarquement, 20 minutes avant le départ du train. Train qui était tout spammés aux couleur de da Vinci Code, trop trop cool. Bon, donc départ vers 8h07, arrivée vers 10h pour environ 3h de trajet (attention, il y a un piège).

Et ben moi qui avait jamais essayé le tunnel sous la manche, ben ça vaut pas le détour. C'est vraiment qu'un gros tunnel de 20 minutes, même pas la moindre loupiote à l'intérieur (ça m'a surpris ça d'ailleurs). Le seul truc qui m'a amusé c'est la quantité de barrières et sécurité qu'il y a à l'entrée et à la sortie du tunnel, le long de voie. Double barrière, avec no man's land, ça rigole pas - j'imagine que c'est pour éviter les clandestins.

Arrivée à Londres - Waterloo International vers 10h donc. Ben, c'est juste une gare. Là, le change est assailli, je ruse en strafant et en allant prendre directement un ticket de métro. Et ça, c'est cher: qqchose genre 3.20 livres (on multiplie par 1.5 pour avoir en euros). Pour le métro, j'avais juste un changement à faire, ça c'est facile, il suffisait juste de repérer les noms des lignes (oui elles ont toutes un petit nom & une couleur, mais pas de numéro). Globalement c'est bien indiqué, donc je me retrouve vite dans le bon métro (applaudissements).

En fait, les anglais n'appellent pas ça métro (bien sûr me dirat-on) mais tube. Quand on est dedans, on comprend toute la signification du terme. Les rames sont - stricto sensu - des tubes. Par exemples, les portes ne sont pas planes; concrétement, ça veut dire que à la première station, quand les portes se sont refermées, j'ai senti la porte passer à la base de mon crâne. Et euh, j'aurais largement pu avoir la tête au milieu de la partie haute de la porte sans que je m'en aperçoive. Pfiou, sont fous ces anglais.

Après un changement et quelques stations, je me retrouve à King Cross, *the* gare de Londres (au moins la plus connue, vu qu'il semble avoir une bonne tripotée de gares dans Londres). Un petit détail technique, j'ai jusqu'à ce moment là pas la moindre idée si ma Visa marche en angleterre, et si c'est pas le cas, globalement je suis mal. Je me dirige vers les distributeurs de billets de trains pour prendre un billet direction Cambridge, je prends un tarif au pif qui me semble correct, et je teste la carte, qui, ô miracle, fonctionne.

Par acquis de conscience et munis de ma plaque de consommateur, je pars en quête d'un de ces distributeurs qui fournit contre un bout de plastique des petits morceaux de papiers en mauvais état mais qui font néammoins la joie des commerçant de tout poil quand on veut repartir avec quelque chose. Et là, gros échec, même sur un distributeur en dehors de la gare. Dépité, je passe changer de l'argent au change du coin histoire de voir venir si jamais ma carte décide de ne pas passer angleterre. 8% de commission, je l'ai encore en travers de la gorge lui.

Après ces incroyables péripéties, je regarde les horaires des prochains et coup de chance, un direct pour Cambridge part à 11h15, sachant qu'il est 11h passé. Je me dirige dare-dare vers le quai, qui se trouvait être le 9. Ce fut facile à trouver bien sûr, puisqu'il était juste à coté du quai 9 3/4 devant lequel j'étais passé. Et donc oui, il y a bien indiqué le quai 9 3/4 à King Cross, avec un trolley à moitié rentré dans le mur correspondant. J'ai pas eu le temps de prendre une photo, dommage :)

Tant que j'y suis, il y avait indiqué quai 9B pour mon train. Après enquête express, il y a juste un seul quai 9, avec coté 'devant du train' marqué A et coté arrière du train marqué 'B', sachant que le train présent couvrait largement les 2 zones. Encore un mystère non-élucidé (et c'est pas fini).

Et c'est parti pour 45 minutes de train. La campagne Londonienne ben c'est pareil que celle française vu de train. La seule différence, c'est que y'a vraiment beaucoup de personnes qui bossent sur les voies (avec leur gilet orange fluo, toussa). A croire qu'ils rénovent leur réseau ferroviaire.